La mesure - Idée de beauté intérieure # 11

Il y a peu de mots qui me font tant hérisser les poils que ce mot là, LA MESURE. Tout est dans la mesure nous indiquent les sages. Tous ce qui est plus que nécessaire est poison, aussi bien pour l'âme que pour le corps : Pouvoir, Fortune, Faim, Ego, Avidité, Paresse, Ambition, même l'Amour dit Rumi, poète mystique persan. Et Paracelse, un des plus grands médecins de tous les temps ajoute que "Tout est poison, rien n'est sans poison. Seule la dose fait qu'une chose ne soit pas poison".
 
Comme je détestait la mesure quand j'étais gamin et voulait m’empiffrer de gâteau au chocolat... ou quand j'étais ado et j'avais envie d'écouter la musique à plein pot ou jeune adulte avec ma première voiture avec laquelle je brûlais de foncer à fond la caisse. Jusqu'au retrait du permis, mais là nous parlons d'une autre forme de "mesure". Je n'ai jamais compris ce concept de vivre dans la mesure. Un petit peu, mais pas trop, de gratin dauphinois, de chips Zweifel au paprika, de Snickers fait maison par "ma" femme, de spaghetti, de chocolat, de vin, de fleurs, de livres, de soleil, de bonheur, de faire l'amour, de couleurs, de concerts, de... ça sent le puritanisme, le protestantisme, ça sent la tiédeur! Ça vous fait envie, ça? Moi pas...
 
La vie est plénitude, à croquer à pleine dent, la nature est abondance. Dans quelques semaines nous allons assister à nouveau à ce spectacle d'éclatement de verts de toutes les nuances. La sève monte déjà partout, les bourgeons sont prêts à exploser. Vous vous imaginez l'arbre dire à sa sève, vas-y, monte, mais pas trop? Ou aux fleurs, allez, ouvrez vous, mais juste un petit peu, pas trop, pas trop, oulah? Vous voyez l'ange survoler la terre avec sa corne d'abondance et semer des fleurs, juste une ici, une petite touche là, soyons zen?
 
Être zen. Ce concept japonais du minimalisme (pas que!) me parle pourtant beaucoup... Voyez les contradictions avec lesquelles je dois, nous tous devons composer nos vies. J'ai envie, même beaucoup, de me délester des biens, de ne garder que ce qui est nécessaire. Pour mieux me concentrer sur ce qui est important.
 
Peut-être, justement, la question n’est pas combien je mange de ce délicieux Tiramisu, combien de fois nous faisons l'amour (je m'excuse, mais c'est une question qui semble poser pas mal de discussions, encore plus en printemps ;-), combien de fois je peux partir en vacances, combien de cadeaux j'offre à ma bien-aimée, combien des chevaux propulsent ma voiture, combien des fois j'arrive à méditer par semaine, combien de fois je dois dire à ma fille de ne pas mettre les coudes sur la table quand elle mange, combien de temps j'ai encore passé sur Facebook, combien de.... Toujours plus, toujours plus, c'est la folle course de notre époque, l'abondance, de tout, à tout moment. Voilà la plénitude de notre vie.
 
Et si la question était plutôt "comment"? Comment nous faisons l'amour, comment je passe mon temps sur Facebook, comment je parle avec ma fille, comment je mange ce morceau de pain et ce bout de fromage, comment j'écoute la musique, comment je regarde la beauté, les fleurs, "ma" femme, le monde, comment je prends des photos, comment je voyage, comment... Pour moi il n'y a qu'une réponse à cette question: pleinement.
 
A ce moment là, la mesure, si tiède, si ennuyeux qu'elle soit, devient quantité négligeable. Et si j'ajoute que tout est cyclique dans la nature, donc aussi dans ma vie, j'accepte, j'aime même qu'il y ai des moments de faste et des moments de frugalité. C'est le mouvement perpétuel de la vie, de la mer, de la respiration. N'importe combien de temps je vis tant que je vis pleinement.
 
Sven Ahlborn
 
 
efflorescence — (noun) Recognized as one of the most beautiful words in the English language, efflorescence is recognized as a state of blooming, flowering and development. 
 

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